22 Aug 2010 - Alpha Protocol
Un jeu noté 9/10 par Canard PC attire forcément mon attention, non pas que CPC soit infaillible et de bon goût universel, mais plutôt parce que les notes sont écrêtées et la modération de mise.
Je ne mettrais pas une telle note à ce jeu ne serait-ce qu’à cause de ses contrôles approximatifs.
Ce qui m’irrite le plus est sans doute la sauvegarde par checkpoints. Dans un jeu de rôle sur PC c’est une dérive console des plus détestables. La véritable raison est je pense technique et on va en reparler.
Alpha Protocol est un jeu de rôle prenant place dans un univers contemporain. Vous y incarnez un espion ayant fraîchement rejoint l’organisation secrète éponyme. Bon, j’ai la flemme. Je ne vais pas résumer le jeu pendant des paraphages, il est très facile de trouver sur Internet des articles qui s’en chargent mieux que moi.
Alors parlons du jeu – que j’ai fini deux fois (oui je me la pète).
C’est un bon jeu, aucun doute (je ne finis pas deux fois les jeux chiants surtout avec un temps de jeu aussi réduit que maintenant je ne suis quand même pas maso).
Une des parties les plus réussies d’Alpha Protocol est la phase dialogue. Vous avez un temps limité pour faire une réponse par mot clef, cela préserve la fluidité des dialogues et chaque mot a vite des conséquences.
Vivre et laisser mourir
Mais la grande force du jeu, c’est cette possibilité offert d’influer sur l’univers par ses actions et ses paroles. Plusieurs fois dans le jeu vous serez confronté au choix de par exemple tuer – ou non – des personnages, s’allier, extorquer… A nous d’assumer nos actions jusqu’à la fin.
La seconde grande qualité du jeu est que chaque personnage agit pour son propre intérêt, le vôtre étant secondaire. On n’a pas l’impression d’être face à des visages statiques là uniquement pour nous faire avancer dans l’aventure.
Comme on le découvre au fur et à mesure, les choses ne sont pas telles qu’elles semblent être et l’ami d’hier devient l’ennemi d’aujourd’hui. Le jeu offre réellement la possibilité d’adopter – ou non – le point de vue des protagonistes. On vogue très vite dans un très Nietzschéen « par delà bien et mal ».
Et c’est en ça qu’Alpha Protocol est un véritable jeu d’espionnage. Il ne s’agit pas juste d’aller faire pan-pan avec son pistolet là où la mission nous mène, mais vraiment de se créer un réseau d’informateurs qui au fur et à mesure du jeu va nous aider dans nos missions.
Mais…
…il ya quelque chose qui cloche.
Je ne vais pas parler des graphismes qui sont un peu dépassés pour 2010, mais tout d’abord des contrôles. Plusieurs phases au fusil de sniper m’ont rendu fou par l’imprécision des contrôles. Plusieurs fois je suis mort parce que les commandes n’ont pas réagi assez vite. C’est très rageant car les phases d’actions sont fortement entachées par cette « imprécision ».
Là n’est pas le plus rageant. Le plus rageant c’est la structure du jeu en blocs. Etant donné la très grande variété de choix, dès qu’on arrive à un moment clef, pof checkpoint/sauvegarde et impossibilité de revenir en arrière. Cela va très loin. Lorsque vous explorez un bâtiment, à l’arrivée dans une nouvelle zone vous ne pouvez plus revenir en arrière.
C’est plutôt très agaçant car la petite pièce sur la côté que vous avez repéré est maintenant inaccessible et impossible de revenir en arrière car les sauvegardes s’écrasent pour une mission donnée. Je précise que ces zones de transition ne sont ni indiquées ni explicites, on peut changer de zone en franchissant une porte.
En difficulté élevée, les contrôles approximatifs et la sauvegarde automatique rendent le jeu parfois insupportable. Devoir recommencer la même séquence dix fois à cause d’un « boss » un peu coriace dégoute très vite le joueur.
Ne faites donc pas votre première partie au niveau le plus difficile (recruit/hard). C’est un mode de jeu adapté à ceux qui ont déjà fini le jeu et Alpha Protocol n’est pas un FPS. Vos capacités de tir sont beaucoup plus déterminées par votre équipement et vos compétences que par vos m4d Sk1llZZZ. J’ai fait cette erreur et je me suis énervé tout seul comme un grand devant mon PC car oui, en recruit/hard on meurt en deux coups même sur la fin.
J’imagine bien que cette structure très rigide facilite énormément la conception d’un jeu aux choix si variés, mais au final le plaisir et la sensation de liberté en pâtissent fortement.
En outre l’aspect très « couloir » des niveaux contraste avec la volonté de faire un jeu ouvert. Et là arrive la limite de l’exercice. Comme tous les dialogues sont joués, comme tout est très scripté, tout prend énormément de temps à faire. Les concepteurs ayant voulu offrir beaucoup d’alternatives ont dû vite se retrouver à court de temps et de moyens et du coup les niveaux en pâtissent, parce que, hein, on n’a pas dix ans non plus pour faire le jeu.
Bon mais alors en résumé ?
On prend un véritable plaisir à jouer à Alpha Protocol, ses dialogues matures, son ambiance moderne et cette agréable impression de ne pas être pris pour un demeuré. L’histoire est prenante et les personnages intéressants.
Un bon jeu qui aurait pu être grand avec une meilleure finition.